FF7 Revelation et Advent Children : Naoki Hamaguchi répond sur le lien canonique
Présenté au Summer Game Fest, Final Fantasy VII Revelation clôture la trilogie Remake lancée en 2020. Son réalisateur Naoki Hamaguchi s'est exprimé sur la relation du jeu avec Advent Children, le film d'animation de 2005. Sa réponse remet en perspective ce que Square Enix entend vraiment par « conclusion » : non pas une simple adaptation, mais un projet qui construit sa propre légitimité canonique face à l'œuvre originale et à ses prolongements.

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samedi 13 juin 2026
A retenir
- 1Présenté au Summer Game Fest, Final Fantasy VII Revelation clôture la trilogie Remake lancée en 2020.
- 2Son réalisateur Naoki Hamaguchi s'est exprimé sur la relation du jeu avec Advent Children, le film d'animation de 2005.
- 3Sa réponse n'est pas celle que beaucoup attendaient, et elle change assez profondément la manière de situer Revelation dans l'écosystème de la saga.
Angle Lumnix
On isole d'abord les faits utiles, puis on garde l'analyse centree sur ce que cela change pour les joueurs.
Final Fantasy VII Revelation a été annoncé au Summer Game Fest comme le troisième et dernier volet de la trilogie Remake entamée en 2020 avec Final Fantasy VII Remake et poursuivie en 2024 avec Final Fantasy VII Rebirth. L'occasion pour Naoki Hamaguchi, réalisateur du projet, de préciser la nature du lien entre ce nouvel opus et Advent Children, le film de 2005 qui avait prolongé l'histoire originale deux ans après la fin du jeu de 1997. Sa réponse n'est pas celle que beaucoup attendaient, et elle change assez profondément la manière de situer Revelation dans l'écosystème de la saga.
Hamaguchi ferme la porte à une simple transposition d'Advent Children
La question était légitime : Advent Children se déroule deux ans après les événements du Final Fantasy VII originel, dans un Midgar reconstruit et hanté par une nouvelle menace liée aux cellules de Jenova. La trilogie Remake ayant radicalement réinterprété la trajectoire narrative du jeu de 1997, dès Remake et ses « Souffles du Destin », certains joueurs anticipaient que Revelation finirait par rejoindre, d'une manière ou d'une autre, la chronologie d'Advent Children.
Hamaguchi a explicitement écarté cette lecture. Selon ses déclarations relayées en marge du Summer Game Fest, Revelation ne cherche pas à reconstituer ou à adapter le film : il s'agit de conclure l'arc narratif spécifique ouvert par la trilogie Remake, avec ses propres règles temporelles et ses propres enjeux. En clair, le destin de Cloud, Aerith et Sephiroth dans ce troisième volet ne sera pas dicté par ce que le film de 2005 a déjà établi.
Ce que cela signifie pour la cohérence de la trilogie
Cette clarification est éditoriale autant que narrative. Depuis Remake, Square Enix a construit une trilogie qui s'autorise à diverger du matériau source, non par paresse scénaristique, mais comme postulat fondateur. Rebirth en 2024 l'a confirmé avec des séquences qui rendent certains événements iconiques du jeu original ambigus ou carrément altérés.
Si Revelation ne converge pas vers Advent Children, cela implique que la trilogie Remake fonctionne comme une ligne temporelle autonome, non comme une préquelle déguisée. Les choix narratifs des deux premiers épisodes — notamment autour du personnage d'Aerith — n'ont donc pas vocation à déboucher sur le statu quo connu du film. C'est une prise de position forte, qui expose le studio à une attente proportionnelle : si vous vous affranchissez du canon, votre conclusion doit tenir debout seule.
Les 30 ans de FF7 comme contexte de pression éditoriale
Square Enix commercialisera Revelation dans le contexte des 30 ans de Final Fantasy VII, anniversaire qui place mécaniquement le jeu sous un regard comparatif intense. En 1997, le jeu original avait redéfini les standards du JRPG narratif sur PlayStation, aux côtés de Xenogears (1998, Squaresoft) et de Chrono Cross (1999, Square) qui prolongeaient cette ambition d'écriture. Ce bagage pèse.
Conclure une trilogie qui a délibérément rompu avec son propre canon lors d'une année commémorative, c'est un exercice périlleux. Le risque n'est pas de décevoir les puristes — ils l'ont été dès 2020 — mais de ne pas satisfaire les joueurs entrés dans la saga via Remake et qui attendent une résolution à la hauteur de la liberté que le studio s'est octroyée.
Revelation doit justifier ses ruptures, pas les esquiver
La déclaration d'Hamaguchi est honnête, et c'est déjà quelque chose. Trop de suites ou de conclusions de trilogie finissent par réintégrer discrètement le canon pour rassurer le public le plus conservateur, diluant ainsi tout ce qui rendait leur démarche originale. En affirmant que Revelation ne vise pas à rejoindre Advent Children, Square Enix assume la logique de rupture introduite six ans plus tôt.
Reste que l'assumer ne suffit pas. Final Fantasy VII Revelation devra démontrer que ses divergences narratives ont une finalité dramatique, pas seulement une valeur de surprise. C'est à ce titre, et pas à celui de la fidélité au matériau de 1997, que ce troisième volet sera jugé.
En bref
Présenté au Summer Game Fest, Final Fantasy VII Revelation clôture la trilogie Remake lancée en 2020. Son réalisateur Naoki Hamaguchi s'est exprimé sur la relation du jeu avec Advent Children, le film d'animation de 2005. Sa réponse remet en perspective ce que Square Enix entend vraiment par « conclusion » : non pas une simple adaptation, mais un projet qui construit sa propre légitimité canonique face à l'œuvre originale et à ses prolongements.