Medal of Honor 1999 refait à neuf par un fan : EA devrait avoir honte
Un développeur indépendant répondant au pseudonyme Elber88 vient de publier un remake complet du premier Medal of Honor, sorti sur PlayStation en 1999. Electronic Arts laisse la franchise en jachère depuis des années, Respawn Entertainment n'a pas suffi à la ressusciter, et c'est finalement la communauté qui prend le relais. Ce projet bénévole pose une question gênante sur la gestion des licences historiques par les grands éditeurs.

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Mise a jour
samedi 13 juin 2026
A retenir
- 1Un développeur indépendant répondant au pseudonyme Elber88 vient de publier un remake complet du premier Medal of Honor, sorti sur PlayStation en 1999.
- 2Electronic Arts laisse la franchise en jachère depuis des années, Respawn Entertainment n'a pas suffi à la ressusciter, et c'est finalement la communauté qui prend le relais.
- 3Ce projet bénévole pose une question gênante sur la gestion des licences historiques par les grands éditeurs.
Angle Lumnix
On isole d'abord les faits utiles, puis on garde l'analyse centree sur ce que cela change pour les joueurs.
Un développeur solo opérant sous le pseudonyme Elber88 a mis en ligne le mois dernier un remake intégral du premier Medal of Honor, initialement sorti sur PlayStation en 1999. Pas une démo, pas un prototype : un projet complet, rendu public gratuitement, réalisé sans le moindre soutien d'Electronic Arts. Pendant ce temps, l'éditeur américain laisse l'une des franchises fondatrices du FPS militaire prendre la poussière depuis plusieurs années.
Medal of Honor, une franchise sacrifiée sur l'autel des tendances
Le premier Medal of Honor n'est pas un titre anodin dans l'histoire du genre. Sorti en 1999 sur la PlayStation originelle, il portait la signature de Steven Spielberg et posait les bases du FPS historique à la première personne bien avant que la franchise Call of Duty — dont les créateurs originaux venaient précisément de ce projet — n'existe. Ignorer cet héritage reviendrait à effacer une partie non négligeable de la généalogie du FPS moderne.
Electronic Arts a tenté un reboot en 2010 avec Medal of Honor de Danger Close, puis une suite en 2012 avec Warfighter, les deux accueillis froidement. La dernière tentative notable fut un jeu en réalité virtuelle développé par Respawn Entertainment — le studio derrière Titanfall et Apex Legends — sorti en 2016, qui n'a pas non plus suffi à relancer la machine. Depuis, silence radio du côté d'EA.
Ce que le projet d'Elber88 révèle sur l'état du marché
Ce remake amateur n'est pas un cas isolé. Des projets similaires ont émergé ces dernières années autour de franchises abandonnées : le remake communautaire de Star Wars Battlefront (2004, LucasArts) sous le nom Battlefront: Commander, ou encore la réécriture complète du moteur de GoldenEye 007 (1997, Rare) par des développeurs indépendants. Le signal est le même à chaque fois : quand un éditeur abandonne une IP sans la rendre accessible, la communauté comble le vide.
La différence ici, c'est qu'Elber88 n'a pas simplement recodé l'existant. Un remake implique des choix de design, de rythme, d'interface — des décisions créatives que même des équipes professionnelles négocient longuement. Qu'un développeur solo y parvienne de manière convaincante en dit autant sur la robustesse du design original de 1999 que sur la motivation qui anime ces projets bénévoles.
EA face à l'évidence : l'inaction a un coût d'image
Electronic Arts n'a aucune raison commerciale immédiate de réagir à ce projet. Les remakes de fans sont tolérés tant qu'ils ne monétisent pas le travail et ne nuisent pas directement aux intérêts commerciaux de l'éditeur. Mais l'image, elle, se construit différemment : chaque fois qu'un projet communautaire émerge sur une licence dormante, il signale publiquement que l'éditeur propriétaire n'a pas su — ou voulu — honorer ce patrimoine.
Respawn Entertainment, qui appartient désormais à EA, possède l'expertise technique et la crédibilité artistique pour envisager un retour sérieux à la franchise. L'absence de tout signal en ce sens depuis 2016 n'est pas une fatalité, c'est un choix éditorial. Et ce choix laisse le terrain libre à des tiers.
Un travail bénévole qui devrait mettre mal à l'aise plus d'un directeur de licence
Ce remake ne sera probablement jamais aussi connu que l'original. Il ne bénéficie d'aucun budget marketing, d'aucun accord de distribution, et risque à tout moment d'être supprimé sur demande d'EA. Mais son existence même constitue un argument difficile à ignorer : Medal of Honor mérite mieux que l'oubli, et quelqu'un a pris la peine de le prouver gratuitement.
Quand la communauté fait le travail qu'un éditeur refuse de faire, ce n'est pas une anecdote sympathique. C'est un constat embarrassant pour l'industrie.
En bref
Un développeur indépendant répondant au pseudonyme Elber88 vient de publier un remake complet du premier Medal of Honor, sorti sur PlayStation en 1999. Electronic Arts laisse la franchise en jachère depuis des années, Respawn Entertainment n'a pas suffi à la ressusciter, et c'est finalement la communauté qui prend le relais. Ce projet bénévole pose une question gênante sur la gestion des licences historiques par les grands éditeurs.