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TestPS5, PS5 Pro, PC· Action-infiltration

007 First Light testé : le Bond d'IO Interactive tient-il ses promesses ?

IO Interactive passe de l'assassin discret à l'agent secret en costume. 007 First Light repose sur des fondations solides héritées de la trilogie World of Assassination, mais suffit-il à convaincre les joueurs exigeants que Bond mérite ce studio ? On a passé le jeu au crible sur PS5 et PC, des filatures de Nairobi aux confrontations de Hong Kong, pour vous dire si ce pari d'espionnage tient la route ou s'effondre sous le poids des attentes.

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Rédaction Lumnix

·7 min de lecture
7.5/10
007 First Light testé : le Bond d'IO Interactive tient-il ses promesses ?
PlateformePS5, PS5 Pro, PC
GenreAction-infiltration
StudioIO Interactive
Date de sortieMai 2026

Un nouvel agent, un vieux savoir-faire

IO Interactive n'a pas inventé l'infiltration de prestige — Metal Gear Solid (1998, Konami) et la propre saga Hitman du studio ont tracé ce sillon depuis des décennies. Mais ce que le studio danois a développé avec 007 First Light, c'est quelque chose de plus personnel : une origin story de James Bond construite de zéro, sans le poids d'une adaptation cinématographique et sans les contraintes d'un acteur en titre à ménager. Le résultat est à la fois plus courageux et plus fragile qu'attendu.

Dès les premières heures, le parallèle avec Hitman 3 (2021, IO Interactive) s'impose naturellement. Les environnements sont denses, construits pour être traversés de multiples façons, et l'attention portée aux détails d'ambiance — conversations de PNJ, journaux posés sur des tables, indices visuels discrets — rappelle le meilleur de ce que le studio sait faire. Sauf qu'ici, l'Agent 47 est remplacé par un Bond encore brut, impulsif, pas encore chromé par les années de service. Ce choix narratif est cohérent, et il influence directement le gameplay.

Un Bond qui apprend à être Bond

Là où Hitman vous proposait un fantôme omniscient capable de disparaître dans n'importe quelle foule, 007 First Light campe un protagoniste qui fait des erreurs. La progression du personnage est mécanique autant que narrative : les premières missions vous confrontent à un Bond moins efficace en infiltration pure, qui compense par une combativité accrue et une tendance à résoudre les problèmes avec ses poings quand le plan A s'effondre.

Ce système de montée en compétences fonctionne mieux qu'on ne le craignait. L'arbre de progression n'est pas un catalogue de chiffres abstraits — il se traduit concrètement dans les niveaux : débloquer une approche de négociation ouvre littéralement de nouveaux chemins de dialogue qui court-circuitent des confrontations entières. C'est élégant, et c'est fidèle à l'esprit Bond : l'intelligence avant la force, mais la force quand nécessaire.

En revanche, le jeu peine à trancher entre deux identités. Les moments d'infiltration millimétrée — mémoriser un timing de patrouille, utiliser un gadget de diversion pour traverser un couloir sans déclencher l'alerte — coexistent avec des séquences d'action directe qui n'ont ni la précision d'un Splinter Cell (Ubisoft, 2002) ni le chaos maîtrisé d'un Uncharted 4 (Naughty Dog, 2016). Ces transitions brisent parfois le rythme de façon frustrante.

Level design : de l'ambitieux à l'inégal

Les niveaux de 007 First Light sont indéniablement bien construits dans leur ensemble. Nairobi, Hong Kong, Vienne — chaque environnement dispose d'une identité visuelle propre et d'une logique spatiale cohérente. IO Interactive excelle toujours à densifier l'espace sans le surcharger : un même couloir peut être emprunté de quatre façons différentes selon ce que vous avez débloqué ou simplement observé.

Pourtant, le jeu accuse des inégalités selon les missions. Deux ou trois niveaux du milieu de campagne souffrent d'une structure trop linéaire qui contraste avec l'ouverture affichée en début de partie. On sent un compromis entre la liberté promise par le level design « bac à sable » de la trilogie précédente et la nécessité de guider le joueur dans une narration plus serrée. Le résultat, sur ces segments, ressemble à un couloir déguisé en labyrinthe.

Les missions secondaires, en revanche, sont souvent plus inventives que le scénario principal. Certaines d'entre elles — notamment une filature en soirée de gala à Vienne — atteignent des sommets d'élégance procédurale qui rappellent ce que la franchise Hitman faisait de mieux avec ses contrats signature.

Combat, gadgets et tension

Le système de combat au corps à corps s'inspire clairement des jeux Rocksteady (la saga Batman Arkham, 2009-2015) dans sa lisibilité — les indicateurs de contre-attaque sont présents, la fluidité des enchaînements est soignée. Mais IO ne copie pas : Bond se bat avec une brutalité économique, pas avec la virtuosité acrobatique d'un super-héros. Chaque affrontement coûte quelque chose — en temps, en bruit, en potentielle alerte — ce qui préserve la tension là où d'autres jeux d'espionnage finissent par rendre le combat trivial.

Les gadgets occupent une place mesurée, ce qui est un bon choix. IO évite l'accumulation absurde d'équipements au profit d'un inventaire restreint mais réellement utile. Chaque outil répond à un problème concret de level design. La montre multi-fonction, devenue cliché du genre, est ici réinventée avec suffisamment de retenue pour ne pas sembler ridicule.

Ce qui manque, en revanche, c'est une véritable prise de risque mécanique. Le jeu joue globalement la sécurité. Jamais brillant dans ses idées de gameplay propres à Bond, il se contente d'appliquer le savoir-faire IO à une licence différente. C'est très bon. Ce n'est pas révolutionnaire.

Technique : PS5 Pro au-dessus du lot, PC solide

Sur le plan technique, IO Interactive a travaillé en collaboration avec Sony pour tirer parti du PSSR (PlayStation Spectral Super Resolution) de la PS5 Pro. Le résultat est visible à l'œil nu : la résolution perçue est nettement supérieure à la PS5 standard en mode Qualité, sans sacrifier la fluidité. Les reflets sur les surfaces mouillées — omniprésents dans les niveaux urbains nocturnes — profitent directement de cette amélioration.

Sur PS5 standard, le mode Performance (60 fps) reste la recommandation évidente : le jeu y est fluide et réactif, même si le rendu est plus propre sur Pro. Le mode Qualité 30 fps sur PS5 de base accuse quelques microstutters dans les zones denses qui nuisent à l'immersion lors des phases d'infiltration où chaque détail compte.

Sur PC, la version est bien optimisée pour une large palette de configurations, avec un support correct du DLSS et du FSR. Aucun problème de stabilité constaté sur notre configuration de test (RTX 4070, 32 Go RAM, SSD NVMe).

Durée de vie et rejouabilité

La campagne principale demande entre 12 et 16 heures selon votre niveau d'exploration, ce qui est honnête pour le genre. Les missions secondaires et les défis optionnels ajoutent 5 à 8 heures supplémentaires pour les completionnistes. La rejouabilité est présente — différentes approches par niveau, classements internes, défis à contraintes — mais elle n'atteint pas la profondeur addictive de ce qu'IO avait construit avec les contrats de la trilogie Hitman.

Il manque un mode qui permettrait au jeu de vivre au-delà de la campagne. Les contrats communautaires ou un équivalent auraient été une évidence. Leur absence est un angle mort réel pour la durée de vie long terme.

Verdict : le meilleur jeu Bond depuis GoldenEye, mais pas encore un chef-d'œuvre

Comparer 007 First Light à GoldenEye 007 (Rare, 1997) peut sembler facile, mais c'est honnête : aucun jeu d'espionnage sous licence Bond n'a atteint ce niveau de qualité depuis près de trente ans. IO Interactive livre un titre ambitieux, techniquement maîtrisé, avec un vrai respect du matériau source et une compréhension fine de ce qui rend Bond intéressant en dehors des gadgets et des quolibets.

Mais le jeu reste en deça de ce que le studio est capable de faire au sommet de son art. Les inégalités de level design, l'identité mécanique parfois floue entre infiltration et action, et l'absence de vraie rejouabilité communautaire laissent un sentiment d'inachevé. 007 First Light pose des bases solides pour une franchise. Il n'est pas encore la référence absolue qu'il aurait pu être.

  • + Level design globalement dense et multi-approches
  • + Narration cohérente avec le personnage de Bond en formation
  • + Système de gadgets économe et pertinent
  • + Rendu PS5 Pro supérieur, PC bien optimisé
  • + Missions secondaires souvent plus inventives que le principal
  • Identité mécanique floue entre infiltration et action
  • Quelques niveaux médians trop linéaires
  • Absence de mode contrats ou rejouabilité communautaire
  • Jamais aussi osé mécaniquement que ce qu'IO sait faire

Notre verdict

007 First Light testé : le Bond d'IO Interactive tient-il ses promesses ?

PS5, PS5 Pro, PC

7.5/10