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TestiOS, Android, PC· Action-RPG / Gacha

Seven Deadly Sins: Origin — Le gacha qui promet beaucoup et reprend encore plus

Netmarble revient sur la licence des Sept Péchés Capitaux avec un action-RPG mobile ambitieux, techniquement soigné et doté d'un vrai sens du spectacle. Mais derrière la générosité de façade se cache une mécanique gacha rodée pour vider les poches. On a joué des dizaines d'heures pour trancher : jusqu'où la qualité compense-t-elle les manipulations économiques ? La réponse est plus nuancée qu'on ne l'espérait.

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Rédaction Lumnix

·7 min de lecture
6.2/10
Seven Deadly Sins: Origin — Le gacha qui promet beaucoup et reprend encore plus
PlateformeiOS, Android, PC (accès anticipé)
GenreAction-RPG / Gacha
ÉditeurNetmarble
AccèsFree-to-Play
Testé surPC (client dédié) et Android

Un reboot qui assume ses ambitions

Netmarble n'en est pas à son coup d'essai avec l'univers de Nakaba Suzuki. Après Seven Deadly Sins: Grand Cross, le studio coréen revient avec Seven Deadly Sins: Origin, un titre qui se positionne clairement au-dessus de son prédécesseur sur le plan technique et de la mise en scène. Fini le RPG au tour par tour habillé de cartes : ici, on est face à un action-RPG en temps réel, avec esquives, combos et compétences à placer dans le feu de l'action. L'ambition est réelle. Le résultat l'est aussi, en partie.

Le jeu adopte une structure semi-open world, découpée en zones thématiques fidèles au manga. Les décors sont beaux pour un titre mobile, les animations des personnages iconiques sont soignées, et la direction artistique reste cohérente avec le matériau source. On retrouve Meliodas, Ban, Diane et les autres dans des situations narratives qui flattent les fans. Mais Origin n'est pas qu'un fan service bien emballé : il essaie de construire une expérience qui tient debout mécaniquement, et c'est là que les choses deviennent intéressantes — et parfois décevantes.

Un système de combat qui accroche

La première bonne surprise, c'est le gameplay au sens strict. Les combats sont dynamiques, lisibles, et demandent un minimum d'attention. Chaque personnage dispose d'attaques normales, de compétences à cooldown et d'une jauge ultime qui libère des animations spectaculaires bien dans l'esprit de l'anime. L'esquive est réactive, la hitbox est honnête, et les boss ont des patterns à lire plutôt qu'à subir. Pour un gacha, c'est franchement au-dessus de la moyenne.

Le système de formation d'équipe ajoute une couche stratégique bienvenue. Les synergies entre personnages existent réellement, certaines compositions ouvrent des fenêtres de dégâts que d'autres ne permettent pas, et le jeu récompense la lecture des capacités plutôt que la simple accumulation de puissance brute. En théorie. Parce qu'en pratique, passé les premières dizaines d'heures, le mur de progression commence à émerger, et la stratégie finit par s'effacer derrière la course aux stats.

Les donjons multijoueurs coopératifs constituent un vrai point fort. Affronter des raids en temps réel avec d'autres joueurs, coordonner les compétences, gérer la résurrection des coéquipiers : cette dimension sociale fonctionne et donne au jeu une épaisseur qu'on n'attendait pas nécessairement dans un gacha mobile.

Une narration honnête pour le genre

Les puristes du RPG narratif hausseront les épaules, mais dans le contexte du gacha, la narration d'Origin est correcte. Le jeu ne se contente pas de balancer des cinématiques entre deux menus de gestion : il propose une véritable campagne principale avec des dialogues doublés en japonais, des twists scénaristiques qui font plaisir aux connaisseurs et un rythme qui ne s'effondre pas complètement dans les premiers chapitres.

Les quêtes secondaires, en revanche, sont le parent pauvre de l'écriture. On tombe rapidement dans le schéma classique du fetch quest recyclé à l'infini, avec des textes génériques qui auraient pu être pondus par un algorithme. La différence de qualité entre la quête principale et le contenu annexe est frappante, presque gênante. Netmarble a clairement investi les ressources narratives au bon endroit, mais en a trop peu pour couvrir tout le contenu.

Technique : solide, mais pas sans accrocs

Sur PC via le client dédié, Seven Deadly Sins: Origin tourne proprement. Les textures sont détaillées, les effets de particules lors des ultimates sont généreux sans virer au chaos illisible, et le framerate reste stable dans la grande majorité des situations. Sur mobile haut de gamme, l'expérience est également convaincante, même si quelques baisses de performance apparaissent lors des phases de raid les plus chargées.

Les temps de chargement sont acceptables, l'interface est claire et bien organisée pour un jeu de ce type — ce qui n'est pas toujours gagné dans le genre. La localisation française est présente pour les textes, même si la traduction manque parfois de personnalité et aplatit quelques répliques qui mériteraient plus de mordant dans la version originale.

Un bémol notable : les serveurs. En phase de lancement, les déconnexions intempestives ont émaillé les sessions multijoueurs. Ce genre de problème se règle généralement avec le temps, mais il ternit l'expérience à une période où la première impression est cruciale.

Le modèle économique : là où tout se complique

Soyons directs : le système gacha d'Origin est agressif. Pas le plus prédateur du marché, mais suffisamment calibré pour que la frustration s'installe dès lors qu'on refuse de sortir la carte bancaire. Les personnages les plus puissants — et certains sont franchement indispensables pour le contenu endgame — sont soumis à des taux d'obtention faméliques. Le pity system existe, mais le coût pour l'atteindre est élevé, et les monnaies gratuites s'accumulent trop lentement pour rivaliser avec les joueurs qui paient.

Les événements limités, rotation hebdomadaire des bannières, multiples devises parallèles, pass de saison, boutique de gemmes, boutique de fragments, boutique de cristaux : le catalogue des achats est labyrinthique. On a l'impression que chaque système de monnaie existe pour rendre plus difficile la lecture du vrai coût des choses. C'est un classique du genre, mais Origin ne fait aucun effort pour s'en démarquer.

Ce qui est particulièrement frustrant, c'est que le jeu de base est bon. Les mécaniques fonctionnent, le contenu est généreux dans ses premières semaines. Mais la progression est sciemment bridée pour orienter vers la dépense. Les joueurs free-to-play pourront s'amuser pendant un moment, mais atteindront un plafond douloureux avant les autres.

Durée de vie et contenu : un marathon pour les patients

En termes de volume, Origin est difficile à prendre en défaut. La campagne principale occupe facilement une vingtaine d'heures pour un joueur moyen, les donjons quotidiens et hebdomadaires génèrent une activité régulière, le contenu JcJ est présent pour les compétitifs, et les raids coopératifs offrent un objectif à long terme pour les guildes bien organisées.

Le jeu est pensé pour durer des mois, voire des années, avec un flux régulier de mises à jour de contenu, de nouveaux personnages et d'événements saisonniers. C'est le modèle live service dans ce qu'il a de plus fonctionnel : il y a toujours quelque chose à faire, toujours une raison de revenir. La question, comme toujours, est de savoir si on veut y revenir à ses propres conditions ou à celles du jeu.

Verdict : quand le talent se heurte au modèle

Seven Deadly Sins: Origin est probablement l'un des meilleurs gacha action-RPG disponibles à l'heure où ces lignes sont écrites. Le gameplay est solide, la réalisation est au-dessus de la moyenne mobile, et la licence est exploitée avec respect. Netmarble a fait un travail sérieux sur les fondations.

Mais le modèle économique reste le boulet que le jeu traîne et ne peut pas se permettre d'ignorer. Il n'est pas question de mauvaise foi de notre part : les gachas sont gratuits à télécharger et vivent de leurs achats intégrés. Le problème, c'est qu'Origin aurait les épaules pour se montrer plus généreux sans se saborder, et qu'il choisit délibérément de ne pas le faire. Cette friction permanente entre la qualité du contenu et la pression économique transforme ce qui pourrait être une recommandation franche en un conseil assorti de réserves importantes.

Si vous êtes fan de la licence et discipliné dans vos dépenses, Origin mérite clairement votre temps. Si vous avez des antécédents de dépenses incontrôlées dans les gachas, approchez avec prudence — le jeu a été conçu pour exploiter exactement ce profil.

  • + Système de combat dynamique et satisfaisant pour le genre
  • + Réalisation technique solide, direction artistique fidèle
  • + Raids coopératifs multijoueurs réussis
  • + Campagne principale bien rythmée pour un gacha
  • + Volume de contenu généreux sur la durée
  • Modèle économique agressif et labyrinthique
  • Mur de progression brutal pour les joueurs gratuits
  • Quêtes secondaires génériques et sans intérêt
  • Problèmes serveurs au lancement
  • La stratégie cède vite la place à la course aux stats

Notre verdict

Seven Deadly Sins: Origin — Le gacha qui promet beaucoup et reprend encore plus

iOS, Android, PC

6.2/10