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TestPS5, Xbox Series, PS4, Xbox One, PC· Infiltration

Hitman World of Assassination : le bilan trois ans après, toujours au sommet ?

IO Interactive a consolidé sa trilogie stealth en une seule édition en 2023. Trois ans plus tard, à l'heure où le studio prépare 007 First Light, c'est le moment idéal pour trancher : Hitman World of Assassination est-il l'aboutissement définitif du jeu d'infiltration moderne, ou un monument qui commence à accuser le poids des années ? On a tout refait. Du début. Sans filet.

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Rédaction Lumnix

·7 min de lecture
8.5/10
Hitman World of Assassination : le bilan trois ans après, toujours au sommet ?
PlateformePS5, Xbox Series, PS4, Xbox One, PC
GenreInfiltration / Action
DéveloppeurIO Interactive
ÉditeurIO Interactive
Sortie26 janvier 2023 (édition consolidée)

Un catalogue, pas un jeu — et c'est sa force

Hitman World of Assassination n'est pas un jeu au sens classique du terme. C'est une plateforme. IO Interactive a regroupé sous un même toit les vingt-deux destinations de sa trilogie World of Assassination — lancée avec Hitman en 2016, poursuivie avec Hitman 2 en 2018, bouclée avec Hitman 3 en 2021 — et en a fait un produit unique, évolutif, proposé à un tarif d'entrée accessible. Le résultat est vertigineux : des dizaines d'heures de contenu dense, une cohérence de direction artistique remarquable, et un système de progression unifié qui transforme chaque mission en terrain de jeu infini.

Ce modèle, IO Interactive l'a rodé patiemment. Là où Hitman : Blood Money (2006, Eidos Montréal/IO Interactive) proposait une dizaine de niveaux fermés, la trilogie World of Assassination a imposé l'idée de la destination vivante : une carte qui se rejoue différemment selon l'angle d'attaque, l'équipement, les contraintes choisies. C'est ce pari-là que World of Assassination consolide et vend comme produit fini.

Paris, Sapienza, Dubai : l'architecture comme argument

Difficile de parler de ce jeu sans s'attarder sur ses niveaux, car ils sont l'essentiel. Sapienza reste, en 2026, l'une des cartes les mieux construites de l'histoire du jeu d'infiltration — une ville côtière italienne qui cache un laboratoire souterrain, avec des dizaines de personnages dotés de routines précises, une verticalité exploitable à chaque angle, et une cible dont l'élimination peut se jouer en trois minutes comme en quarante-cinq selon votre niveau d'exigence. Paris et sa défilé de mode, Dubai et ses gratte-ciel vertigineux, Dartmoor et son manoir victorien : chaque destination a une identité visuelle et ludique qui la rend immédiatement reconnaissable.

Les niveaux de Hitman 3 — ajoutés à cette édition consolidée — apportent Mendoza (Argentine) et Chongqing (Chine), deux réussites qui prouvent qu'IO Interactive a affiné son écriture spatiale d'opus en opus. Chongqing notamment, avec sa pluie incessante et ses néons qui noient les rues, atteint une densité atmosphérique rare.

Agent 47, machine à tuer ou puzzle ambulant ?

Le cœur du gameplay reste inchangé depuis la refonte de 2016, et c'est tant mieux : Agent 47 est un prédateur qui adopte des déguisements, exploite des accidents, manipule les environnements. Chaque mission propose des Opportunités — des séquences scénarisées qui guident le joueur vers une élimination thématique — sans jamais l'y forcer. Empoisonner le verre d'une cible, déclencher un accident de lustre, se faire engager comme chef cuisinier pour servir un plat mortel : la liberté d'approche est réelle et savamment calibrée.

Le système de Défis est la vraie colonne vertébrale de la durée de vie. Chaque carte en propose une centaine, allant de l'élimination à mains nues à la sortie de niveau sans être repéré une seule fois. Le mode Escalade impose des contraintes cumulatives sur des variantes de missions existantes. Les Cibles Fugitives — missions à durée limitée avec une cible non réapparaissable si elle meurt — restent le format le plus tendu et le plus satisfaisant du catalogue, même si leur disponibilité dépend du calendrier éditorial d'IO Interactive.

Technique : un bilan contrasté sur PC

Sur PC, World of Assassination tourne sur le Glacier Engine maison, et le résultat est globalement solide. Les grandes destinations sont chargées sans écran de transition une fois en mission, la densité de PNJ dans les zones bondées (l'opéra de Berlin, le marché de Marrakech) est gérée proprement même sur des configurations milieu de gamme. Le ray-tracing, disponible sur les configurations haut de gamme, améliore sensiblement la lisibilité des espaces intérieurs sans être indispensable.

Les bémols persistent : l'interface de menu est un labyrinthe. Naviguer entre les destinations, les défis actifs, les Escalades et les contenus saisonniers demande encore trop de clics. IO Interactive n'a jamais vraiment réglé ce problème depuis 2016, et c'est d'autant plus frustrant que le contenu est riche. Sur PS5, les temps de chargement initiaux sont courts, le DualSense est peu exploité — quelques retours haptiques discrets, rien de marquant.

L'intelligence artificielle : le talon d'Achille historique

C'est le point qui trahit l'âge du moteur. L'IA ennemie fonctionne sur un système de méfiance progressive — Suspect, Hostile, Alarme — qui est lisible et jouable, mais dont les angles morts sont bien documentés par la communauté. Un PNJ peut voir 47 commettre un meurtre à cinq mètres et perdre toute mémoire de l'incident si le joueur quitte la zone suffisamment vite. Les gardes retrouvent leur calme après une alerte un peu trop rapidement pour convaincre.

Ces limites ne ruinent pas l'expérience — elles font même partie du langage du jeu, que les joueurs expérimentés apprennent à lire comme un système de règles implicites. Mais face à des concurrents comme Splinter Cell Blacklist (2013, Ubisoft Toronto) sur l'expressivité des PNJ réactifs, ou Dishonored 2 (2016, Arkane Studios) sur la cohérence comportementale des gardes, Hitman montre ses limites dès qu'on sort des sentiers balisés.

Le mode Freelancer : la meilleure addition post-lancement

Ajouté gratuitement en 2023, le mode Freelancer est probablement la chose la plus excitante qu'IO Interactive ait faite avec cette licence depuis des années. Le principe : un hub personnalisable (le repaire de 47), des campagnes générées procéduralement à travers plusieurs destinations, une mort permanente des ressources accumulées en cas d'échec. Le roguelite appliqué à l'infiltration aurait pu être un gadget — c'est en réalité une relecture complète de l'expérience Hitman, qui force à improviser avec du matériel sous-optimal et à lire différemment des cartes connues par cœur.

Freelancer est la preuve qu'IO Interactive comprend les ressorts de la rejouabilité mieux que presque n'importe quel autre studio du genre. C'est aussi ce qui rend l'attente autour de 007 First Light aussi intéressante : si le studio parvient à injecter cette philosophie du bac à sable ouvert dans une licence Bond, le résultat pourrait être fondateur.

Verdict : une référence qui résiste, avec des cicatrices

Hitman World of Assassination est, en 2026, le meilleur point d'entrée possible dans la franchise et l'une des propositions les plus denses du jeu d'infiltration. Ses vingt-deux destinations constituent un patrimoine ludique sans équivalent direct — ni Deus Ex: Mankind Divided (2016, Eidos Montréal) ni Metal Gear Solid V (2015, Kojima Productions) ne proposent ce volume de contenu avec ce niveau de cohérence mécanique.

Les défauts sont réels : une IA qui accuse son âge, une interface qui punit l'exploration, une dépendance au contenu saisonnier pour maintenir la flamme. Mais ces frictions ne remettent pas en cause l'essentiel : Hitman reste le jeu d'infiltration le plus intelligent du marché, celui qui traite le joueur comme un adulte capable de construire son propre plaisir.

À l'heure où IO Interactive tourne la page avec 007 First Light, rejouer World of Assassination n'est pas de la nostalgie. C'est comprendre pourquoi ce studio est l'un des plus précieux de l'industrie.

  • + Vingt-deux destinations d'une richesse et d'une identité exceptionnelles
  • + Le mode Freelancer, addition majeure qui transforme la rejouabilité
  • + Liberté d'approche réelle, jamais factice
  • + Direction artistique cohérente sur l'ensemble du catalogue
  • + Rapport contenu/prix imbattable sur le marché de l'infiltration
  • IA ennemie prévisible avec des angles morts exploitables
  • Interface de navigation décourageante pour les nouveaux joueurs
  • Les Cibles Fugitives, meilleur format du jeu, restent dépendantes du calendrier éditorial
  • Intégration haptique DualSense anecdotique sur PS5

Notre verdict

Hitman World of Assassination : le bilan trois ans après, toujours au sommet ?

PS5, Xbox Series, PS4, Xbox One, PC

8.5/10