Raf Grassetti avait déjà imaginé un Star Fox qui ressemble beaucoup au nouveau
Le directeur artistique de God of War, Raf Grassetti, avait créé des concepts de personnages Star Fox bien avant la révélation officielle de Nintendo cette semaine. Les ressemblances entre ses designs et le nouveau Star Fox sont frappantes, et la coïncidence relance le débat sur les influences croisées dans le game design contemporain.

Un directeur artistique aux concepts troublants
Raf Grassetti, directeur artistique sur la saga God of War chez Santa Monica Studio, est connu dans l'industrie bien au-delà de ses travaux sur Kratos. Il publie régulièrement des fanarts et des concepts personnels sur ses réseaux, explorant des univers variés. Parmi ses archives ressurgit aujourd'hui une série de designs consacrés à l'univers Star Fox, réalisés à titre personnel, qui montrent des personnages animaux anthropomorphes dans une esthétique résolument moderne : traits épurés, proportions réalistes, palette sombre et textures détaillées.
Ces visuels circulent à nouveau depuis que Nintendo a révélé cette semaine sa nouvelle direction artistique pour Star Fox, et la comparaison saute aux yeux. Sans qu'il soit possible d'affirmer qu'il y a eu une influence directe, les choix stylistiques convergent de façon notable : même volonté de crédibiliser des personnages historiquement cartoon, même traitement quasi-cinématographique des visages, même équilibre entre héritage rétro et modernité visuelle.
La frontière poreuse entre fanart et vision industrielle
Ce type de situation n'est pas inédit. Le jeu vidéo a une longue tradition de porosité entre les créations personnelles d'artistes et les directions prises par les grands studios. On pense notamment aux travaux de concept artists qui circulent des années avant une annonce officielle et finissent par coïncider troublamment avec le produit final. Ce n'est pas nécessairement du plagiat, ni même une influence consciente : deux artistes travaillant dans le même écosystème culturel, avec les mêmes références, peuvent aboutir à des résultats similaires indépendamment.
Il reste que Grassetti jouit d'une visibilité considérable dans la communauté des développeurs. Ses concepts sont largement relayés, commentés, admirés. Que Nintendo ait vu ces designs ou non, qu'ils aient orienté une réflexion interne ou simplement confirmé une tendance déjà à l'œuvre en interne, impossible à trancher sans déclaration officielle. À ce stade, aucune des deux parties n'a commenté la ressemblance.
God of War comme étalon esthétique de la décennie
Ce qui est en revanche indiscutable, c'est l'influence de Santa Monica Studio sur l'esthétique du jeu d'action haut de gamme depuis God of War (2018). Le reboot de Kratos a posé un standard visuel et narratif que l'on retrouve dans des productions aussi diverses que The Last of Us Part I (Naughty Dog, 2022) ou Horizon Forbidden West (Guerrilla Games, 2022) : personnages expressifs, environnements détaillés, hiérarchie visuelle claire entre héros et monde. Grassetti fait partie des architectes de ce langage.
Que ce soit dans ses travaux officiels ou dans ses explorations personnelles, son œil construit une cohérence esthétique que l'industrie a visiblement intégrée comme référence. Voir un éditeur comme Nintendo, historiquement attaché à une direction artistique stylisée et colorée, converger vers des codes proches de ceux que Grassetti incarne depuis plusieurs années, c'est un signal sur l'évolution des attentes du marché premium.
Ce que ça dit du futur de Star Fox
Si le nouveau Star Fox s'inscrit réellement dans cette direction — personnages plus incarnés, ton moins enfantin, ambition visuelle relevée — ce serait un tournant majeur pour une franchise en sommeil depuis Star Fox Zero (Nintendo, 2016) sur Wii U. La comparaison avec les concepts de Grassetti, qu'elle soit fortuite ou non, place d'emblée le projet sous un prisme de crédibilité artistique que la licence n'a plus connu depuis longtemps. Reste à voir si le fond du jeu suivra la forme.