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Naughty Dog et les remakes : un vétéran tire la sonnette d'alarme

Un ancien développeur de Naughty Dog, figure historique de la franchise, prend publiquement position contre la stratégie de remakes et remasters du studio. Sa critique est simple et directe : refaire des jeux encore pleinement accessibles, c'est prioriser la trésorerie sur la création. Un signal d'alarme qui touche bien au-delà de Naughty Dog et interroge l'ensemble des stratégies PlayStation en matière de catalogue.

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Rédaction Lumnix
·4 min de lecture
Naughty Dog et les remakes : un vétéran tire la sonnette d'alarme

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Mise a jour

samedi 15 août 2026

A retenir

  • 1Un ancien développeur de Naughty Dog, figure historique de la franchise, prend publiquement position contre la stratégie de remakes et remasters du studio.
  • 2Sa critique est simple et directe : refaire des jeux encore pleinement accessibles, c'est prioriser la trésorerie sur la création.
  • 3Un signal d'alarme qui touche bien au-delà de Naughty Dog et interroge l'ensemble des stratégies PlayStation en matière de catalogue.

Angle Lumnix

On isole d'abord les faits utiles, puis on garde l'analyse centree sur ce que cela change pour les joueurs.

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Un vétéran de Naughty Dog vient de formuler ce que beaucoup de joueurs pensent tout bas : multiplier les remakes de titres récents et encore disponibles, c'est faire passer la rentabilité avant la raison créative. La prise de position, directe et sans filtre, relance un débat que l'industrie préfère généralement esquiver.

Des jeux qui n'ont jamais disparu, remis en vente comme s'ils l'étaient

Le reproche central est là, et il est difficile à contester : certains titres ciblés par des remakes ou remasters n'ont jamais quitté le marché. The Last of Us Part I, sorti en 2022 sur PS5, était déjà une version améliorée d'un jeu de 2013 lui-même remastered en 2014. Proposer une nouvelle itération commerciale de titres à ce point récents, c'est vendre plusieurs fois le même contenu à une base de joueurs qui, pour beaucoup, l'a déjà acheté.

Le vétéran en question pointe précisément cette mécanique : non pas le principe du remake en tant que tel, mais la cadence et la cible. Réinterpréter Demon's Souls (FromSoftware, 2009) pour une nouvelle génération en 2020, ou ressortir Shadow of the Colossus (Team Ico, 2005) en 2018 avec un travail technique substantiel, répond à une logique de préservation ou d'accessibilité. Recycler un jeu sorti il y a trois ans sous prétexte de le « sublimer » relève d'une autre logique, moins défendable.

Naughty Dog sous pression créative et commerciale

Naughty Dog traverse depuis plusieurs années une période de transition difficile à lire de l'extérieur. Le studio est passé de studio prolifique — entre 2009 et 2020, il a sorti quatre jeux majeurs — à une structure dont le prochain titre original reste inconnu du grand public. Entre la production avortée de The Last of Us Online, les rumeurs persistantes autour d'un nouveau projet non annoncé et les différentes réorganisations internes rapportées ces dernières années, le studio semble chercher son cap.

Dans ce contexte, la critique de l'ancien développeur prend une dimension supplémentaire. Si les remakes et remasters occupent les équipes et les lignes budgétaires, que reste-t-il pour la création originale ? La question est rhétorique, mais elle est légitime. PlayStation a construit sa réputation sur des exclusivités ambitieuses ; miser sur le catalogue existant pour maintenir un flux de revenus, c'est un choix stratégique qui a un coût créatif réel.

Une tendance qui dépasse largement un seul studio

Il serait réducteur d'isoler Naughty Dog dans cette dynamique. Capcom a bâti une partie significative de ses succès commerciaux récents sur des remakes — Resident Evil 2 en 2019, Resident Evil 4 en 2023 — mais avec un argument solide : des titres vieux de quinze à vingt ans, techniquement et narrativement réinventés, pas simplement polis. Square Enix a tenté une opération similaire avec Final Fantasy VII Remake (2020), en allant jusqu'à réécrire en profondeur la structure originale.

Ce qui distingue ces exemples du reproche adressé à Naughty Dog, c'est précisément l'écart temporel et l'ampleur du travail. Refaire un jeu en le transformant substantiellement, c'est une démarche créative. Republier un jeu récent avec des textures améliorées et un nouveau prix, c'est une décision commerciale déguisée en geste artistique.

Le catalogue PlayStation ne peut pas être une rente indéfinie

PlayStation dispose d'un catalogue enviable, et Sony a tout intérêt à en extraire de la valeur. Mais l'équation a ses limites. Les joueurs qui ont acheté The Last of Us en 2013, en 2014 puis en 2022 ne sont pas infiniment renouvelables. Et les nouveaux joueurs arrivant sur PS5 — ou sur PC, où les portages PlayStation se multiplient — ont accès à ces titres sans qu'un remake supplémentaire soit nécessaire.

La prise de position du vétéran de Naughty Dog n'est pas un anathème contre la nostalgie ou la préservation du jeu vidéo. C'est un rappel que l'industrie confond trop souvent exploitation de catalogue et hommage créatif. Naughty Dog a les moyens et les talents pour surprendre — s'en servir à refaire ce qui existe déjà est un gâchis que les chiffres de vente ne suffisent pas à justifier.

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En bref

Un ancien développeur de Naughty Dog, figure historique de la franchise, prend publiquement position contre la stratégie de remakes et remasters du studio. Sa critique est simple et directe : refaire des jeux encore pleinement accessibles, c'est prioriser la trésorerie sur la création. Un signal d'alarme qui touche bien au-delà de Naughty Dog et interroge l'ensemble des stratégies PlayStation en matière de catalogue.