The Witcher : une sortie majeure par an jusqu'en 2028
CD Projekt Red l'a confirmé lors de la publication de ses derniers résultats financiers : la franchise The Witcher va enchaîner les sorties majeures à un rythme annuel de 2026 à 2028. Trois ans, trois événements. Pour le studio polonais, c'est un pari sur sa capacité industrielle autant que sur la solidité d'une licence qu'il n'a pas fini d'exploiter. La question n'est pas de savoir si les sorties seront nombreuses, mais si elles seront à la hauteur.

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Mise a jour
jeudi 3 septembre 2026
A retenir
- 1CD Projekt Red l'a confirmé lors de la publication de ses derniers résultats financiers : la franchise The Witcher va enchaîner les sorties majeures à un rythme annuel de 2026 à 2028.
- 2Pour le studio polonais, c'est un pari sur sa capacité industrielle autant que sur la solidité d'une licence qu'il n'a pas fini d'exploiter.
- 3La question n'est pas de savoir si les sorties seront nombreuses, mais si elles seront à la hauteur.
Angle Lumnix
On isole d'abord les faits utiles, puis on garde l'analyse centree sur ce que cela change pour les joueurs.
CD Projekt Red a communiqué ses derniers résultats financiers avec un calendrier en prime : trois sorties majeures liées à la licence The Witcher sont prévues entre 2026 et 2028, soit une par an. C'est un rythme inédit pour un studio qui, pendant longtemps, prenait le temps qu'il fallait — parfois trop — entre deux productions d'envergure. Ce changement de cadence dit quelque chose sur l'état du studio, sur ses ambitions et sur les attentes qu'il est en train de créer.
Un rythme de croisière que le studio n'a jamais maintenu
CD Projekt Red n'a pas l'habitude des sorties annuelles. Entre The Witcher 2 (2011) et The Witcher 3 (2015), il y a eu quatre ans. Entre The Witcher 3 et Cyberpunk 2077 (2020), cinq ans — et encore, ce dernier est sorti dans un état qui a forcé le studio à passer deux années supplémentaires à le rafistoler. Annoncer trois sorties majeures sur trois ans consécutifs, c'est donc un changement de paradigme, pas une simple accélération du planning.
Cela suppose que CD Projekt Red a soit structuré plusieurs équipes capables de travailler en parallèle sur des projets distincts, soit que les « sorties majeures » annoncées recouvrent des formats variés — une extension conséquente, un jeu à part entière, un projet transmédia ou une réédition ambitieuse. La communication financière ne détaille pas la nature exacte de chaque entrée au calendrier, ce qui laisse une marge d'interprétation non négligeable.
The Witcher 4 comme pierre angulaire d'un édifice fragile
La sortie la plus identifiable dans cette fenêtre reste The Witcher 4, dont le développement est confirmé et dont les premières images ont déjà circulé. Le jeu est attendu comme un test grandeur nature : CD Projekt Red peut-il refaire The Witcher 3 en mieux, avec une nouvelle protagoniste — Ciri — sans que la magie ne s'évapore ? La pression est réelle, et le studio le sait.
Mais si The Witcher 4 occupe une place dans ce triptyque 2026-2028, les deux autres créneaux restent flous. Une extension du même jeu ? Un projet parallèle dans l'univers Witcher ? Une collaboration externe comme le studio en a déjà envisagé avec The Witcher Remake, confié à Fool's Theory ? Chaque hypothèse implique des ressources, des équipes et une gestion du risque très différente. Promettre trois sorties majeures sans les nommer toutes, c'est aussi promettre trois occasions de décevoir si l'exécution déraille.
Le risque de la franchise-machine
Il y a une tension évidente dans cette annonce. CD Projekt Red a bâti sa réputation sur des jeux rares, denses, qui prenaient le joueur pour un adulte capable de passer cent heures dans un monde cohérent. Passer à une cadence industrielle, même pour une franchise aussi solide que The Witcher, comporte un risque de dilution.
L'histoire du jeu vidéo offre suffisamment d'exemples pour être prudent. Assassin's Creed (Ubisoft) a connu une phase de sorties annuelles entre 2012 et 2016 qui a fini par éroder l'attachement du public avant qu'une pause salutaire ne permette de relancer la franchise avec Origins en 2017. Call of Duty (Activision) carbure depuis vingt ans à ce rythme, mais au prix d'une identité artistique quasi inexistante. The Witcher n'est ni l'un ni l'autre, et c'est précisément ce qui rend l'analogie inconfortable.
CD Projekt Red joue sur le fait que l'univers de la saga — créé par l'écrivain Andrzej Sapkowski — est suffisamment riche pour alimenter plusieurs projets distincts sans se répéter. C'est vrai sur le papier. C'est moins évident quand les délais se resserrent et que la direction artistique doit arbitrer entre ambition et faisabilité.
Trois ans pour valider — ou invalider — un modèle
Ce calendrier est autant une promesse aux actionnaires qu'aux joueurs. Dans un contexte où le marché du jeu AAA traverse une période d'incertitude — hausses de prix, réductions d'effectifs généralisées, consolidations à répétition — afficher une roadmap claire sur trois ans est un signal de solidité financière destiné à rassurer les investisseurs.
Mais pour les joueurs, la vraie jauge sera qualitative. Si les trois sorties tiennent la distance, CD Projekt Red aura prouvé qu'il peut évoluer sans se trahir. Si l'une d'elles arrive incomplète ou en deçà des standards habituels du studio, la fenêtre 2026-2028 deviendra le symbole d'un virage mal négocié. Le studio n'a pas droit à l'erreur deux fois de suite — Cyberpunk 2077 a déjà consommé cette marge.
En bref
CD Projekt Red l'a confirmé lors de la publication de ses derniers résultats financiers : la franchise The Witcher va enchaîner les sorties majeures à un rythme annuel de 2026 à 2028. Trois ans, trois événements. Pour le studio polonais, c'est un pari sur sa capacité industrielle autant que sur la solidité d'une licence qu'il n'a pas fini d'exploiter. La question n'est pas de savoir si les sorties seront nombreuses, mais si elles seront à la hauteur.