Live
NewsPS4, PC· Action

Furi a 10 ans : comment The Game Bakers a tout changé en un jeu

Le 5 juillet 2016, The Game Bakers sortait Furi et transformait l'essai d'un studio mobile en référence du jeu d'action indépendant. Dix ans plus tard, ce boss rush radical reste une démonstration de ce que peut accomplir une petite équipe quand elle mise tout sur une seule idée. Ce jalon mérite qu'on revienne dessus sans complaisance.

R
Rédaction Lumnix
·4 min de lecture
Furi a 10 ans : comment The Game Bakers a tout changé en un jeu

Sujet

News

Lecture

4 min de lecture

Mise a jour

dimanche 5 juillet 2026

A retenir

  • 1Le 5 juillet 2016, The Game Bakers sortait Furi et transformait l'essai d'un studio mobile en référence du jeu d'action indépendant.
  • 2Dix ans plus tard, ce boss rush radical reste une démonstration de ce que peut accomplir une petite équipe quand elle mise tout sur une seule idée.
  • 3Ce jalon mérite qu'on revienne dessus sans complaisance.

Angle Lumnix

On isole d'abord les faits utiles, puis on garde l'analyse centree sur ce que cela change pour les joueurs.

Publicité

Le 5 juillet 2016, Furi débarquait sur PS4 et PC sans prévenir grand monde. The Game Bakers, studio fondé à Montpellier en 2010, avait jusqu'alors construit sa réputation sur des titres mobiles — Squids et Combo Crew notamment. Le saut vers les consoles de salon représentait un pari à peu près total. Dix ans après, ce pari a non seulement tenu, il a défini la trajectoire d'un studio devenu une référence de l'indépendance française.

Un boss rush radical dans un marché qui ne savait pas encore quoi en faire

En 2016, le boss rush en tant que genre à part entière n'était pas encore formulé comme tel. Shadow of the Colossus (2005, Team Ico) avait posé les bases narratives du concept, et Titan Souls (2015, Acid Nerve) en avait exploré la rigueur minimaliste. Furi n'a rien inventé, mais il a synthétisé ces influences avec une violence formelle inédite : zéro padding, zéro compromis sur la difficulté, une progression qui se mesure en boss et uniquement en boss.

Le résultat était déstabilisant pour les joueurs habitués aux structures plus confortables du jeu d'action de l'époque. Mais c'est précisément cette intransigeance qui a fait la réputation du titre. Furi ne cherchait pas à convaincre tout le monde — il cherchait à frapper juste les joueurs capables d'entendre ce langage-là.

Ce que Furi a vraiment apporté à The Game Bakers

Avant Furi, The Game Bakers était un studio compétent dans un segment — le mobile — qui n'offre structurellement que peu de visibilité artistique. Le passage au jeu premium sur console n'est pas anodin : il implique un changement de positionnement, d'audience et de discours. Furi a réglé cette transition en une sortie.

Le jeu a été intégré dès son lancement dans le catalogue PlayStation Plus de juillet 2016, ce qui lui a assuré une exposition massive sans passer par le circuit promotionnel classique. Mais contrairement à de nombreux titres distribués via ce canal, Furi a généré une conversation critique durable. Sa bande-son — composée entre autres par Carpenter Brut, Danger et The Toxic Avenger — a elle-même acquis une vie propre en dehors du jeu. Ce n'est pas rien pour un premier titre console.

Une intransigeance formelle qui a un coût réel

Il serait inexact de présenter Furi comme un succès sans frottement. Sa difficulté a constitué un mur net pour une partie du public, et le studio lui-même a dû composer avec les attentes contradictoires d'une base de joueurs soudainement élargie. La mise à jour One More Fight, sortie en 2017, a ajouté un mode de jeu supplémentaire sans trahir l'esprit original — mais elle témoigne aussi de la pression qui s'exerce sur un studio indépendant lorsque son premier succès génère des attentes immédiates.

La question du suivi post-lancement est d'autant plus délicate que Furi repose sur une structure fermée, sans progression persistante ni contenu extensible par nature. Le studio n'avait pas de filet : soit les joueurs adhéraient à la vision initiale, soit ils passaient à autre chose. Cette absence de dilution est une force artistique et une contrainte commerciale simultanément.

Dix ans après, le modèle tient encore

Haven (2020), le jeu suivant du studio, a confirmé que The Game Bakers n'avait pas l'intention de reproduire Furi à l'infini. Le virage vers un RPG coopératif intimiste représentait exactement le type de prise de risque qu'un studio peut se permettre quand il a acquis une crédibilité réelle. Cette liberté de bifurquer, Furi l'a rendue possible.

Ce qui rend Furi significatif en 2026, ce n'est pas la nostalgie. C'est ce qu'il documente : la capacité d'une équipe de taille modeste, implantée à Montpellier, à imposer une vision sans concession dans un marché qui valorise davantage le volume que la densité. Dix ans après sa sortie, le jeu reste une leçon de mise en scène mécanique — et le studio qui l'a produit, l'une des rares preuves françaises que l'indépendance peut rimer avec cohérence sur le long terme.

Publicité

En bref

Le 5 juillet 2016, The Game Bakers sortait Furi et transformait l'essai d'un studio mobile en référence du jeu d'action indépendant. Dix ans plus tard, ce boss rush radical reste une démonstration de ce que peut accomplir une petite équipe quand elle mise tout sur une seule idée. Ce jalon mérite qu'on revienne dessus sans complaisance.