Hitman Classic Trilogy Remastered : Saber Interactive ressuscite l'Agent 47 originel
IO Interactive est occupé à compter les billets de 007 First Light, mais l'Agent 47 ne chôme pas pour autant. C'est Saber Interactive qui hérite du chantier de la Hitman Classic Trilogy Remastered, une compilation des trois premiers épisodes revus et corrigés. Retour aux sources pour une franchise qui a posé les bases de l'infiltration moderne — et une occasion de vérifier si ces classiques tiennent encore la route face aux standards actuels.

| Plateforme | À confirmer |
|---|---|
| Genre | Action-infiltration |
Saber Interactive aux commandes, IO Interactive en retrait
La nouvelle a de quoi surprendre : pendant qu'IO Interactive engrange les succès commerciaux de son agent secret britannique, c'est Saber Interactive qui prend en charge la remasterisation de la trilogie fondatrice de la franchise Hitman. Le studio américano-européen, déjà rodé à l'exercice avec des chantiers comme le remaster de The Witcher 3 sur Switch, s'attaque cette fois à trois jeux qui ont structuré tout un genre.
La Hitman Classic Trilogy Remastered rassemble les trois premiers volets de la franchise : Hitman : Codename 47 (2000), Hitman 2 : Silent Assassin (2002) et Hitman : Contracts (2004). Trois titres développés à l'origine par IO Interactive eux-mêmes, à une époque où le studio danois cherchait encore à définir l'identité de son assassin chauve.
Trois jeux qui ont tout inventé — ou presque
Avant que la World of Assassination trilogy ne transforme l'Agent 47 en un simulateur de meurtre quasi-parfait, ces trois premiers épisodes posaient des fondations autrement plus rugueuses. Codename 47 en particulier était un jeu exigeant, souvent punitif, avec une IA capricieuse et des niveaux qui ne pardonnaient rien. Silent Assassin a considérablement affiné la formule en 2002, introduisant le système de notation qui allait devenir la colonne vertébrale de toute la série. Contracts, lui, misait sur une atmosphère poisseuse et une relecture de missions du premier épisode pour forger un ton unique dans la franchise.
Ces jeux ne sont pas simplement des curiosités historiques. Avec Dishonored (Arkane Studios, 2012) et Deus Ex (Ion Storm, 2000), ils font partie des titres qui ont démontré que l'infiltration pouvait être une mécanique centrale et non un sous-système optionnel. Les revisiter en 2026, c'est mesurer le chemin parcouru — et l'écart parfois vertigineux avec les standards actuels.
Qu'attend-on concrètement d'un remaster ?
La question mérite d'être posée sans détour. Saber Interactive n'a pas communiqué en détail sur le contenu exact de cette remasterisation, et c'est précisément là que le bât blesse. Le terme remaster peut couvrir des réalités très différentes : simple upscaling de textures et résolution rehaussée d'un côté, refonte complète des systèmes de jeu de l'autre. Entre le travail soigné de Bluepoint sur Shadow of the Colossus (2018) et les remasters paresseux qui se contentent d'un filtre de post-traitement, l'éventail est large.
Pour la trilogie classique de Hitman, le défi est réel. Codename 47 notamment souffre d'une ergonomie qui a très mal vieilli : interface peu lisible, gestion des sauvegardes archaïque, moteur physique capricieux. Un remaster qui se contenterait de redresser la résolution sans toucher à ces aspérités rendrait un mauvais service aux joueurs qui découvriraient ces titres pour la première fois.
Ce que Lumnix surveille de près
Plusieurs points méritent une attention particulière avant de juger cette compilation sur pièce. D'abord, la fidélité au design original : ces trois jeux ont une identité forte, parfois inconfortable, et tout lissage excessif les trahirait. Ensuite, la question des contrôles modernisés — indispensables sur manette, à condition de ne pas dénaturer la précision que demandaient ces épisodes conçus pour la souris et le clavier. Enfin, le tarif : une compilation de trois remasters peut se justifier à un prix premium si le travail est sérieux, ou relever de l'opportunisme si l'effort reste cosmétique.
IO Interactive a prouvé avec la World of Assassination trilogy qu'il savait faire évoluer sa propre formule. Reste à savoir si Saber Interactive, en tant que repreneur extérieur, rendra justice à des œuvres fondatrices qui méritent mieux qu'un ravalement de façade.