Live
News· Stratégie au tour par tour

Rainbow Six Tactics : Siege rencontre XCOM, et ça tient la route

Présenté à la Gamescom lors de l'Opening Night Live, Rainbow Six Tactics s'est dévoilé plus longuement en salon. Le principe : greffer la profondeur tactique au tour par tour des XCOM-like sur l'univers et les opérateurs de Siege. Un pari risqué, parce que les deux genres ont des ADN opposés — mais la première présentation suggère qu'Ubisoft a au moins identifié les bonnes questions avant d'y répondre.

R
Rédaction Lumnix
·4 min de lecture
Rainbow Six Tactics : Siege rencontre XCOM, et ça tient la route

Sujet

News

Lecture

4 min de lecture

Mise a jour

mardi 15 septembre 2026

A retenir

  • 1Présenté à la Gamescom lors de l'Opening Night Live, Rainbow Six Tactics s'est dévoilé plus longuement en salon.
  • 2Le principe : greffer la profondeur tactique au tour par tour des XCOM-like sur l'univers et les opérateurs de Siege.
  • 3Un pari risqué, parce que les deux genres ont des ADN opposés — mais la première présentation suggère qu'Ubisoft a au moins identifié les bonnes questions avant d'y répondre.

Angle Lumnix

On isole d'abord les faits utiles, puis on garde l'analyse centree sur ce que cela change pour les joueurs.

Publicité

Rainbow Six Tactics a été annoncé à l'Opening Night Live de la Gamescom, et la surprise est réelle : Ubisoft ne propose pas un nouveau Siege, ni un spin-off d'action, mais un jeu de stratégie au tour par tour qui pioche explicitement dans le registre des XCOM-like. Une présentation étendue en salon, avec l'équipe de développement, a permis d'aller au-delà du trailer de révélation.

Les opérateurs de Siege dans une grille tactique

Le postulat est simple à formuler, moins simple à équilibrer : chaque opérateur de Siege conserve ses gadgets et compétences signature, mais les phases d'action se jouent en tour par tour, avec gestion de couverture, lignes de vue et économie de points d'action. Ce que Firaxis a construit avec XCOM : Enemy Unknown en 2012, puis Long War Studios avec ses mods, ou The Bearded Ladies avec Mutant Year Zero en 2018, repose sur une tension permanente entre information et risque. Rainbow Six Tactics semble vouloir y ajouter une couche de préparation pré-mission héritée de Siege — choix de l'opérateur, gadgets, angle d'entrée.

Le danger évident : diluer les deux propositions plutôt que de les combiner. Les fans de Siege attendent de la réactivité et de la lecture spatiale en temps réel. Les amateurs de XCOM attendent de la profondeur systémique et une vraie punition de l'erreur. Faire coexister ces deux attentes dans un même titre, c'est s'exposer à décevoir les deux camps si l'équilibre penche trop d'un côté.

Ce que la présentation révèle sur la direction de conception

D'après les éléments partagés en salon, l'équipe aurait structuré les missions autour d'objectifs multiples et d'environnements destructibles — un héritage direct de Siege. La verticalité des maps, les brèches dans les murs, la gestion du bruit : autant de mécaniques qui pourraient donner au tour par tour une texture que les XCOM classiques n'ont pas. XCOM 2 en 2016 jouait déjà sur la variété des contextes opérationnels ; Rainbow Six Tactics semble vouloir pousser la lecture architecturale encore plus loin.

L'autre point notable : la gestion des opérateurs ne serait pas purement cosmétique. Choisir Ash plutôt que Thermite ne serait pas un choix de skin, mais un choix de doctrine pour l'approche de la mission. Si c'est tenu en pratique, c'est précisément le type de décision qui distingue un XCOM-like solide d'un jeu tactique générique avec une licence collée dessus.

Le vrai test : la licence est-elle un atout ou un boulet ?

Rainbow Six a une histoire compliquée avec ses propres tentatives de recentrage. La franchise est née sur PC en 1998 comme simulation tactique rigoureuse, avant de pivoter vers l'action avec Vegas en 2006, puis de se réinventer une nouvelle fois avec Siege en 2015. Chaque changement de cap a produit un jeu solide — mais aussi fracturé progressivement la base installée.

Tactics pose la même question fondamentale : est-ce que l'univers de Siege — ses opérateurs sur-équipés, son méta compétitif, sa culture de jeu en ligne — est compatible avec la temporalité lente et narrative du tour par tour ? La licence apporte une reconnaissance immédiate et un capital de sympathie. Elle apporte aussi des attentes que ce type de jeu ne peut structurellement pas satisfaire.

Un projet à surveiller, pas encore à vendre

Rainbow Six Tactics arrive à un moment où le XCOM-like post-Midnight Suns (Firaxis, 2022) cherche encore sa prochaine référence. Lamplighter League a échoué en 2023, faute d'identité claire. Mario + Rabbids : Sparks of Hope (Ubisoft lui-même, en 2022) a prouvé que la licence décalée pouvait fonctionner dans ce registre. Tactics a donc des précédents à étudier, pas seulement des ambitions à afficher.

Ce qui se dessine à la Gamescom est encourageant dans sa conception : l'équipe semble avoir compris que la greffe ne fonctionne que si les mécaniques de Siege servent la stratégie, pas l'inverse. Reste à voir si le produit final honore cette logique — mais pour l'instant, le projet mérite mieux que le scepticisme réflexe.

Publicité

En bref

Présenté à la Gamescom lors de l'Opening Night Live, Rainbow Six Tactics s'est dévoilé plus longuement en salon. Le principe : greffer la profondeur tactique au tour par tour des XCOM-like sur l'univers et les opérateurs de Siege. Un pari risqué, parce que les deux genres ont des ADN opposés — mais la première présentation suggère qu'Ubisoft a au moins identifié les bonnes questions avant d'y répondre.