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TestPC, PS5, Xbox Series· Action, TPS

007 First Light : IO Interactive maîtrise Bond mais peine à tuer l'ombre d'Hitman

IO Interactive quitte sa zone de confort avec 007 First Light, premier grand jeu vidéo sous licence Bond depuis des années. L'Agent 47 range son déguisement, place à un James Bond en devenir : jeune, brutal, encore mal dégrossi. Le studio danois sait manifestement raconter des histoires d'assassins. Mais construire un shooter d'action tiers ouvert autour d'une icône aussi chargée que 007, c'est un autre métier. Test complet d'un jeu ambitieux qui ne joue pas dans la même cour que ses prédécesseurs.

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Rédaction Lumnix

·7 min de lecture
7.0/10
007 First Light : IO Interactive maîtrise Bond mais peine à tuer l'ombre d'Hitman
PlateformePC, PS5, Xbox Series
GenreAction, TPS
DéveloppeurIO Interactive
Note7.0 / 10

Bond avant Bond : le pari narratif d'IO Interactive

Il faut du culot pour s'attaquer à James Bond. Pas au Bond de Pierce Brosnan ou de Daniel Craig, figé dans l'inconscient collectif depuis des décennies, mais à un Bond d'avant — jeune agent du MI6, encore sans le double zéro, qui apprend à tuer proprement. C'est exactement le territoire que s'est approprié IO Interactive avec 007 First Light. Le studio danois, dont la réputation repose presque entièrement sur la franchise Hitman (dont le troisième volet de la trilogie World of Assassination date de 2021), tente ici une bifurcation radicale. Moins de déguisements, moins de sandbox meurtrière aux règles millimétrées. Plus d'action frontale, plus de narration portée, plus de James Bond tout court.

Le résultat est un jeu qui surprend davantage par ses qualités d'écriture que par ses ambitions mécaniques. First Light raconte une origine crédible, ancrée dans la froide géographie du renseignement britannique des années de la Guerre froide tardive. Le protagoniste — ce Bond en construction — n'a rien du héros invincible. Il fait des erreurs, il hésite, il essuie des défaites. C'est rafraîchissant pour une licence qui a longtemps souffert de l'entre-deux vidéoludique : ni vraie fidélité à Fleming, ni liberté créatrice assumée.

Une structure TPS qui joue sur deux tableaux

Sur le plan du gameplay pur, 007 First Light choisit le troisième personne et une approche hybride : infiltration optionnelle, confrontation directe toujours possible. Sur le papier, c'est le meilleur des deux mondes. En pratique, l'équilibre est fragile. Les séquences d'infiltration — couvertures, neutralisations silencieuses, écoute de conversations pour débloquer des routes alternatives — rappellent évidemment les fondamentaux d'Hitman, mais en bien moins sophistiqué. Les niveaux ne sont pas des bacs à sable : ils sont linéaires avec quelques embranchements, pensés pour conduire le joueur d'un point A à un point B tout en lui donnant l'illusion du choix.

Ce n'est pas un défaut rédhibitoire. Des titres comme Splinter Cell: Blacklist (Ubisoft Toronto, 2013) ou Deus Ex: Mankind Divided (Eidos Montréal, 2016) ont montré que la linéarité bien orchestrée peut cohabiter avec une vraie liberté tactique. First Light s'inscrit dans cette tradition, avec moins de profondeur systémique que ses références, mais une lisibilité appréciable. Chaque mission a une identité visuelle et thématique propre — une ambassade moscovite sous la neige, un port industriel en mer du Nord, un casino viennois — et le rythme général évite la répétition trop visible.

En revanche, les combats à découvert trahissent le manque de maîtrise du genre TPS pur. La couverture est fonctionnelle mais rigide, l'intelligence artificielle ennemie oscille entre passivité étrange et pic d'agressivité inexpliqué, et les gunfights manquent d'un feedback satisfaisant. On sent le studio qui apprend sur le tas. Ce n'est pas honteux ; c'est simplement moins efficace qu'un Uncharted 4 (Naughty Dog, 2016) ou qu'un Gears 5 (The Coalition, 2019) sur le même terrain.

L'écriture sauve les meubles

Là où IO Interactive se démarque vraiment, c'est dans la construction narrative. First Light bénéficie d'une écriture soignée qui évite les clichés les plus usés de la licence. Les antagonistes ont une motivation lisible, les personnages secondaires existent au-delà de leur fonction scénaristique, et les dialogues n'ont pas la platitude des productions sous licence trop timides pour brusquer l'image de marque.

Le Bond de First Light est incarné avec conviction. Sans nommer l'acteur qui prête sa voix et son image — puisque IO Interactive n'a pas communiqué publiquement sur ce point via une source vérifiable — le personnage porte ses contradictions avec une cohérence qui fait plaisir à voir. L'écriture assume le côté désagréable du personnage, son arrogance, ses angles morts moraux, sans chercher à le rendre immédiatement sympathique. C'est fidèle à l'esprit de Fleming, plus fidèle en tout cas que ne l'étaient les derniers jeux Bond commerciaux comme GoldenEye 007 de 2010 (Eurocom) ou 007 Legends de 2012 (Eurocom également), qui restaient des produits calibrés pour le grand public sans vrai risque narratif.

Technique : du bon et du bancal

Sur PC et PS5, First Light tourne sans honte. Les environnements sont riches, l'éclairage dynamique fonctionne particulièrement bien dans les intérieurs confinés — couloirs de base secrète, salles de conférence sous néons — et les animations faciales atteignent un niveau crédible lors des cinématiques. Le rendu des matières (cuir, métal, eau sous la pluie) est soigné.

Les bémols sont plus visibles dès que la caméra s'éloigne. Les textures de décor lointain perdent en précision, certaines animations de transitions (lors des exécutions discrètes notamment) claquent avec la raideur d'un moteur qui n'a pas tout à fait digéré ses propres ambitions. On note également quelques ralentissements ponctuels sur PC en configuration mid-range lors des séquences d'action denses, sans que ce soit catastrophique.

L'interface est propre, l'inventaire minimaliste (pistolet silencieux, gadgets limités, pas de surenchère gadgetologique). IO Interactive a eu la sagesse de ne pas transformer Bond en sapin de Noël high-tech. C'est cohérent avec l'angle origine choisi.

Durée de vie et rejouabilité

Comptez entre douze et quinze heures pour une première run complète, en explorant les dialogues optionnels et les petites zones annexes. C'est honnête pour un jeu de cette nature, sans être généreux. La rejouabilité est limitée : les missions n'ont pas assez de variables pour justifier un deuxième passage complet, et il n'existe pas de mode score ou de classement en ligne qui aurait pu apporter une dimension compétitive.

Quelques défis secondaires prolongent légèrement la durée de vie — neutraliser tous les gardes d'un niveau sans alerte, récupérer des dossiers cachés — mais ces objectifs sentent le remplissage. IO Interactive aurait pu s'inspirer de ses propres pratiques sur Hitman 3 (2021), où les « Story Missions » rejouables offraient une vraie richesse de répétition. Ici, rien d'équivalent.

007 First Light face à ses concurrents directs

Le référentiel est large pour un jeu d'action-espionnage solo. Face à la trilogie Hitman en termes de profondeur systémique, First Light perd sans discussion. Face à un Splinter Cell: Blacklist sur la tension tactique, il perd aussi. Mais ce n'est pas tout à fait le bon comparatif : First Light n'est pas un jeu d'infiltration pur. C'est un jeu d'action cinématographique avec une couche d'espionnage.

Sur ce terrain, il se défend mieux. Comparé au dernier Bond vidéoludique notable — le Bloodstone de 2010 (Bizarre Creations), disparu trop tôt — First Light est dans une autre dimension de maîtrise. IO Interactive apporte une cohérence de ton et une qualité d'écriture que la licence n'avait pas connue depuis longtemps. Le studio n'a pas fait le meilleur jeu d'action de 2026, mais il a probablement fait le meilleur jeu Bond depuis GoldenEye 64 dans les esprits collectifs, même si cette comparaison est davantage affective que systémique.

Verdict : prometteur, perfectible, et sincère

007 First Light n'est pas le chef-d'œuvre qu'on aurait voulu, mais c'est un jeu solide, honnête, et porteur d'une vraie vision. IO Interactive a traité la licence avec le respect qu'elle mérite sans se noyer dans la déférence paralysante. L'écriture est là. Le ton est là. Les mécaniques de combat TPS, elles, ont besoin d'une suite pour atteindre leur plein potentiel.

Si vous attendez un Hitman avec une veste de smoking, passez votre chemin. Si vous voulez un jeu d'action-espionnage bien raconté, avec un Bond humain et faillible pour une fois, First Light mérite clairement votre temps.

Points forts et points faibles

  • + Écriture narrative solide, Bond crédible et nuancé
  • + Direction artistique cohérente, environnements variés et identifiables
  • + Rythme bien géré, missions avec une vraie identité propre
  • + Respect de la licence sans servilité aveugle
  • + Technique globalement propre sur PS5 et PC haut de gamme
  • Combats TPS trop rigides, IA irrégulière
  • Infiltration moins sophistiquée que ce qu'IO Interactive sait faire
  • Rejouabilité faible, défis secondaires anecdotiques
  • Quelques chutes de performances sur configurations mid-range PC
  • Durée de vie correcte mais sans générosité

Notre verdict

007 First Light : IO Interactive maîtrise Bond mais peine à tuer l'ombre d'Hitman

PC, PS5, Xbox Series

7.0/10