Twisted Metal, 31 ans après : la licence que le jeu vidéo a abandonnée
Trente et un ans après son lancement sur PlayStation aux États-Unis, Twisted Metal n'existe plus comme jeu vidéo actif : le reboot PS5 « Project Copper », confié à Lucid Games puis Firesprite, a été annulé début 2024 avant même d'être annoncé. Seule la série télévisée, portée par Peacock et attendue pour une troisième saison avec Mark Hamill, maintient la licence en vie. Un cas d'école sur la gestion des franchises historiques de Sony.

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Mise a jour
jeudi 5 novembre 2026
A retenir
- 1Seule la série télévisée, portée par Peacock et attendue pour une troisième saison avec Mark Hamill, maintient la licence en vie.
- 2Un cas d'école sur la gestion des franchises historiques de Sony.
- 3Twisted Metal fête ses trente et un ans sans jeu en développement actif.
Angle Lumnix
On isole d'abord les faits utiles, puis on garde l'analyse centree sur ce que cela change pour les joueurs.
Twisted Metal fête ses trente et un ans sans jeu en développement actif. La licence de combat de véhicules, lancée en 1995 aux États-Unis comme l'une des premières exclusivités marquantes de PlayStation, a vu son dernier espoir de retour s'effondrer discrètement début 2024 : le projet de reboot interne connu sous le nom de code « Project Copper » a été annulé avant même d'avoir été officiellement annoncé.
Ce silence côté jeu vidéo contraste avec une autre réalité : la série télévisée adaptée de la licence, diffusée sur Peacock aux États-Unis et sur Ciné+ OCS en France, poursuit son chemin vers une troisième saison, avec le retour annoncé de Mark Hamill. Twisted Metal est donc une franchise PlayStation qui continue d'exister culturellement, sans jamais revenir sous la forme qui l'a rendue populaire.
Project Copper, l'annulation qui confirme un désintérêt structurel
Le projet de reboot PS5 n'était pas une rumeur isolée. Il est passé par les mains de Lucid Games, studio racheté par Sony, avant d'être repris par Firesprite, également sous contrôle de PlayStation Studios. Ce passage d'un studio à l'autre, sans qu'aucune image ni aucune annonce officielle n'ait jamais filtré, dessine le profil d'un projet fragile, redéfini en interne plus qu'une véritable relance affirmée.
Son annulation début 2024 n'a jamais fait l'objet d'une communication de Sony. Elle a été révélée a posteriori, comme c'est souvent le cas pour les projets abandonnés avant leur dévoilement public. Ce silence en dit long : Twisted Metal n'a pas été tué par un échec critique ou commercial visible, mais par un arbitrage interne qui ne l'a jamais jugé prioritaire face à d'autres productions PlayStation Studios.
La télévision comble un vide que le jeu vidéo refuse de combler
Pendant que le jeu reste à l'arrêt, c'est la fiction télévisée qui porte la licence. La série, disponible de façon confidentielle sur Peacock et Ciné+ OCS, a trouvé son public au point de décrocher une troisième saison. L'arrivée de Mark Hamill dans cette nouvelle saison ajoute un nom reconnu à une production qui, sans être un phénomène culturel grand public, s'impose comme la seule manifestation vivante de la marque Twisted Metal depuis près de quinze ans.
Cette inversion n'est pas anodine. Une licence née dans le jeu vidéo continue d'exister grâce à un autre média, pendant que son medium d'origine reste muet. Ce n'est pas un cas isolé dans l'histoire des franchises PlayStation : Sony a déjà démontré, avec les adaptations de The Last of Us ou de Gran Turismo au cinéma, que l'exploitation transmédia peut devenir plus active que la production de nouveaux jeux pour certaines licences.
Une franchise coincée entre nostalgie et absence de stratégie claire
Twisted Metal illustre une catégorie précise de licences PlayStation : trop identifiées pour être officiellement enterrées, trop confidentielles pour justifier un investissement lourd en interne. La série a toujours occupé une niche, portée par un ton de comédie noire et une violence absurde qui ne correspond plus forcément aux standards de production AAA actuels, où chaque jeu doit justifier un budget colossal par un potentiel commercial large.
Le passage de Lucid Games à Firesprite pour un même projet, suivi de son annulation sans annonce, montre aussi une forme d'hésitation stratégique chez Sony sur ce qu'il faut faire de ce patrimoine. Contrairement à des séries comme Horizon ou God of War, relancées avec des moyens massifs et une vision affirmée, Twisted Metal n'a jamais bénéficié d'un pari clair. Elle reste traitée comme un actif secondaire, qu'on ressort quand l'occasion se présente plutôt qu'on planifie sur le long terme.
Le constat est simple : Twisted Metal survit aujourd'hui grâce à la télévision, pas grâce au jeu vidéo. Tant que Sony ne tranchera pas entre relance ambitieuse ou abandon assumé de la licence côté jeu, la franchise restera ce qu'elle est devenue malgré elle : un souvenir entretenu par un autre média, pas une série PlayStation vivante.
En bref
Trente et un ans après son lancement sur PlayStation aux États-Unis, Twisted Metal n'existe plus comme jeu vidéo actif : le reboot PS5 « Project Copper », confié à Lucid Games puis Firesprite, a été annulé début 2024 avant même d'être annoncé. Seule la série télévisée, portée par Peacock et attendue pour une troisième saison avec Mark Hamill, maintient la licence en vie. Un cas d'école sur la gestion des franchises historiques de Sony.