The Witcher 3 imparfait ? Son scénariste le dit haut et fort
Marcin Blacha, scénariste principal de The Witcher 3: Wild Hunt et aujourd'hui vice-président de la narration chez CD Projekt Red, brise un tabou : le RPG de 2015 est loin d'être le chef-d'œuvre intouchable que la communauté s'est construit. Une déclaration qui dit autant sur l'humilité créative du studio que sur la difficulté de porter une licence aussi chargée que celle de Geralt.

Sujet
News
Lecture
3 min de lecture
Mise a jour
jeudi 17 septembre 2026
A retenir
- 1Une déclaration qui dit autant sur l'humilité créative du studio que sur la difficulté de porter une licence aussi chargée que celle de Geralt.
- 2Marcin Blacha a co-écrit The Witcher 3: Wild Hunt.
- 3Il en connaît donc chaque couture, chaque raccourci narratif, chaque compromis arraché à la production.
Angle Lumnix
On isole d'abord les faits utiles, puis on garde l'analyse centree sur ce que cela change pour les joueurs.
Marcin Blacha a co-écrit The Witcher 3: Wild Hunt. Il en connaît donc chaque couture, chaque raccourci narratif, chaque compromis arraché à la production. Aujourd'hui vice-président de la narration chez CD Projekt Red, il n'a pas attendu qu'on lui pose la question pour affirmer que le jeu est très loin de la perfection. Ce type de prise de position, venant de l'intérieur, mérite qu'on s'y arrête.
Un créateur qui refuse le culte de sa propre œuvre
Il est rare qu'un cadre dirigeant d'un studio renie publiquement le statut mythique de son titre phare. Blacha le fait pourtant sans détour : The Witcher 3 n'est pas un monument. Ce n'est pas de la fausse modestie de façade — c'est une lecture lucide d'un jeu sorti il y a onze ans, qui portait déjà à sa sortie des défauts structurels réels.
Le RPG de CD Projekt Red a beau avoir remporté plus de 800 récompenses à sa sortie en 2015 et continué à se vendre massivement pendant une décennie, ses faiblesses ont toujours été là : une interface lourde, un système de combat qui n'a jamais convaincu les joueurs habitués aux action-RPG les plus réactifs, et une gestion de la progression parfois incohérente. Ce que dit Blacha, c'est que le studio en était conscient — et l'est toujours.
Ce que ça implique pour The Witcher 4
La déclaration de Blacha n'est pas un mea culpa nostalgique. Elle intervient alors que CD Projekt Red est en plein développement de The Witcher 4, dont la première présentation publique a confirmé un changement de protagoniste majeur — Ciri remplace Geralt au centre du récit. Dans ce contexte, assumer publiquement les limites du troisième opus n'est pas anodin : c'est une façon de légitimer les ruptures à venir.
Un studio qui se draperait dans la perfection de son passé aurait du mal à justifier des choix radicaux. En disant que Witcher 3 avait ses limites, Blacha libère l'équipe de l'obligation de reproduire exactement ce qui a fonctionné — et ouvre la porte à une réécriture des règles de la licence.
La différence entre héritage et carcan
The Witcher 3 a installé des standards narratifs que des jeux comme Baldur's Gate 3 (Larian Studios, 2023) ou Cyberpunk 2077 dans ses versions post-2.0 ont dû gérer comme des points de comparaison incontournables. Mais ces standards ont aussi figé les attentes : conséquences morales des quêtes, dialogues ramifiés, world-building cohérent. Tout écart est lu comme une régression.
Blacha semble vouloir désacraliser ce modèle avant que The Witcher 4 ne sorte, pour éviter que le jeu ne soit jugé uniquement à l'aune d'un précédent que lui-même considère imparfait. C'est une stratégie de communication aussi bien qu'une conviction artistique réelle — et les deux ne s'excluent pas.
Un signal pour les joueurs qui attendaient l'itération parfaite
Pour ceux qui espéraient que The Witcher 4 serait simplement un Witcher 3 avec de meilleures textures et un combat retouché, ce positionnement est un avertissement clair. CD Projekt Red ne cherche pas à livrer la version définitive de ce qui existait déjà. Le studio construit autre chose — avec les mêmes fondations narratives, mais sans se sentir lié par la forme exacte du passé.
C'est exactement ce qu'on attend d'un studio qui a survécu à Cyberpunk 2077 et à sa résurrection progressive : la capacité à tirer des leçons sans s'auto-flageller et sans se réfugier dans la nostalgie. Blacha qui critique son propre travail onze ans plus tard, c'est un studio qui a grandi — reste à savoir si The Witcher 4 sera la preuve de cette maturité ou une nouvelle promesse démesurée.
En bref
Marcin Blacha, scénariste principal de The Witcher 3: Wild Hunt et aujourd'hui vice-président de la narration chez CD Projekt Red, brise un tabou : le RPG de 2015 est loin d'être le chef-d'œuvre intouchable que la communauté s'est construit. Une déclaration qui dit autant sur l'humilité créative du studio que sur la difficulté de porter une licence aussi chargée que celle de Geralt.